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Terreurs nocturnes et cauchemars chez l’enfant, quelles différences ?

En résumé : 

  • Contrairement à une idée reçue, terreurs nocturnes et cauchemars sont deux phénomènes bien distincts chez l’enfant.
  • Les cauchemars apparaissent généralement vers 18 mois-2 ans, quand l’enfant peut commencer à les verbaliser, pendant la phase de sommeil paradoxal.
  • Un changement de vie important (nouveau mode de garde, rentrée scolaire, naissance d’un frère ou d’une sœur) peut favoriser l’apparition de cauchemars.
  • Préparer l’enfant aux grands changements et limiter son exposition à des images violentes aide à prévenir cauchemars et terreurs nocturnes.
L’un ou l’autre de ces termes sont parfois utilisés de manière interchangeable, en pensant que ce sont deux synonymes : il n’en est rien, et il s’agit de deux phénomènes bien distincts. Quelle est la différence entre un cauchemar et une terreur nocturne ? Comment les reconnaître ? Comment les prévenir ? Et comment faire lorsqu’un épisode se produit ?

Sommaire :

Table des matières

Les cauchemars

On estime que les enfants commencent à avoir leurs premiers cauchemars autour de 18 mois / 2 ans lorsqu’ils sont capables de les verbaliser. Il est possible que les cauchemars commencent plus tôt dans la vie d’un enfant mais il est difficile alors de différencier un cauchemar avec un réveil entre deux cycles où un enfant, réveillé, a simplement besoin d’être rassuré par la présence de ses parents. L’enfant ne peut alors pas encore expliquer s’il s’agissait d’un cauchemar.

Le cauchemar arrive pendant la phase de sommeil paradoxal. L’enfant rêve, mais c’est un rêve qui n’est pas agréable et qui peut le réveiller.

 

Pourquoi un enfant fait-t-il des cauchemars ?

Un cauchemar peut avoir plusieurs origines : si l’enfant a vu des images ou une scène difficile, s’il vit des changements importants dans sa vie comme changer de mode de garde, commencer l’école, la naissance d’un petit frère ou d’une petite sœur, mais aussi tout simplement s’il y a eu trop d’excitation le soir avant de se coucher ou s’il est dans un période de grands apprentissages.

Comment prévenir les cauchemars ?

Il est difficile de prévenir les cauchemars. Mon conseil est de toujours chercher à préparer son enfant pour mieux appréhender des situations de grands changements ou de stress. En lui expliquant ce qui l’attend, cela va l’aider à intégrer le changement et il sera moins sujet aux cauchemars. Il est important de protéger nos enfants de la violence et de réussir à faire peu à peu la transition vers la réalité. Je déconseille par exemple de regarder le journal de 20h avec son enfant, mais plutôt de trouver une manière d’expliquer les choses si vous souhaitez le sensibiliser aux actualités. Attention cependant à ne pas l’enfermer dans un monde totalement aseptisé car la découverte du monde n’en sera que plus brutale et les cauchemars plus intenses.

Comment savoir si c’est un cauchemar ?

Un cauchemar survient souvent en deuxième partie de nuit. C’est en effet en deuxième partie de nuit que la proportion de sommeil paradoxal est la plus importante, alors qu’en début de nuit c’est le sommeil profond qui est le plus important. L’enfant se réveille brusquement, en pleurant, ou en criant, et il appelle ses parents pour être réconforté. L’enfant se souviendra de son cauchemar le lendemain matin.

Que faire lorsqu’un cauchemar survient ?

En premier lieu, le réconforter, le prendre dans vos bras, et le rassurer. Mon conseil est de ne pas minimiser sa frayeur. Je vous invite à être empathique avec votre enfant « je comprends que tu sois très effrayé par ce loup que tu as vu dans ton rêve », sans minimiser en disant « ce n’est rien » ou « ce n’est pas grave » mais en l’aidant à accueillir cette peur. Je suis plutôt favorable à dire la vérité à un enfant, lui faire verbaliser ce qu’il a vu, le rassurer que ce n’était un rêve et qu’il n’y pas de loup dans la chambre, et lui expliquer que les cauchemars arrivent lors des grands apprentissages. En lui apprenant à faire face à ses peurs, vous allez développer sa confiance en lui.

 

Les terreurs nocturnes

Une terreur nocturne peut sembler en premier lieu similaire à un cauchemar, mais c’est en général bien plus intense. Les terreurs nocturnes ont toujours lieu en première partie de nuit, avant minuit et le plus souvent 2 à 3 heures après l’endormissement.

Les terreurs nocturnes n’ont pas lieu pendant la phase de sommeil paradoxal, mais à la fin du cycle de sommeil profond, lors de la transition vers le sommeil paradoxal. Comme si l’enfant était « coincé » entre deux phases de sommeil.

Lors de ces épisodes intenses, l’enfant peut être un peu somnambule. Il peut par exemple s’assoir dans son lit et/ou se lever… Certains enfants peuvent également avoir les yeux ouverts, ce qui peut être très impressionnant pour ses parents.

Ce qu’il faut savoir c’est que l’enfant dort pendant la terreur nocturne, et il n’en aura aucun souvenir le matin au réveil. Les parents bien souvent souhaitent rassurer leur enfant, comme lors d’un épisode de cauchemar, et en faisant cela ils prennent le risque de réveiller leur enfant, ce qui fait redoubler leur crise. L’enfant se demande pourquoi ses parents l’ont alors réveillé.

Comment faire la différence entre une terreur nocturne et un cauchemar ?

Elles sont bien souvent le reflet d’une grande fatigue ou d’un stress important pendant la journée. Pour les prévenir, essayez de favoriser un rythme de sommeil régulier et de coucher votre enfant plus tôt. Prévoyez un temps calme, loin des écrans dans votre rituel du coucher, cela l’aidera à se préparer à un sommeil calme et apaisé. Si les journées de votre enfant sont stressantes, vous pouvez l’aider à le verbaliser avant le coucher.

Des terreurs nocturnes qui arrivent de manière épisodique ne sont pas inquiétantes mais si votre enfant en a régulièrement, il est important d’en parler à votre médecin.

 

Article rédigé par Juliette Moudoulaud, spécialiste du sommeil des enfants

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FAQ

Pourquoi les cauchemars ne sont-ils identifiables qu'à partir de 18 mois-2 ans ?

Parce que c’est l’âge où l’enfant devient capable de les verbaliser ; avant cela, il est difficile de le différencier d’un simple réveil entre deux cycles. Cette capacité à raconter son rêve est justement ce qui permet de distinguer un cauchemar d’une terreur nocturne.

Est-il conseillé de regarder le journal de 20h avec son enfant ?

Non, il est déconseillé de l’exposer à des images violentes ; mieux vaut lui expliquer les choses autrement s’il faut le sensibiliser à l’actualité. Protéger progressivement l’enfant de la violence l’aide à mieux gérer la transition vers la réalité.

Un enfant trop protégé du monde extérieur fait-il moins de cauchemars ?

Non, l’enfermer dans un monde totalement aseptisé peut au contraire rendre la découverte du monde plus brutale et les cauchemars plus intenses. Il s’agit donc de trouver un juste équilibre entre protection et découverte progressive du monde.

Comment savoir si un enfant se souvient de son cauchemar ?

Il s’en souviendra généralement le lendemain matin, contrairement à une terreur nocturne. Cette caractéristique est l’un des critères les plus fiables pour distinguer les deux phénomènes.

Le sommeil paradoxal est-il plus présent en début ou en fin de nuit ?

En fin de nuit, ce qui explique pourquoi les cauchemars surviennent plus souvent en deuxième partie de nuit. À l’inverse, le sommeil profond, plus présent en début de nuit, est davantage associé aux terreurs nocturnes.