Le 4e trimestre de grossesse
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En résumé :
- Le 4e trimestre de grossesse désigne les 3 premiers mois du post-accouchement, aussi appelés matrescence ou continuum.
- Le concept de matrescence, créé par l’anthropologue Dana Raphael, désigne les bouleversements physiques, émotionnels et identitaires vécus après la naissance.
- Le 4e trimestre de grossesse reste peu abordé, les informations disponibles se limitant souvent à l’alimentation du bébé ou à la rééducation périnéale.
- Le concept du continuum souligne l’importance de préserver le contact physique mère-enfant durant cette période de transition.
Vous le savez toutes et tous, une grossesse dure en moyenne 9 mois, soit 3 trimestres. Mais depuis quelques temps, vous entendez peut-être parler d’un 4ème trimestre de grossesse : il s’agit en réalité des 3 premiers mois du post-accouchement. Ce 4ème trimestre est aussi appelé continuum ou matrescence (contraction de maternité et adolescence).
Sommaire :
Table des matières
Cette période post-accouchement est synonyme de grands chamboulements à tous points de vue, qu’ils soient physiques ou mentaux. Malheureusement, ce 4e trimestre de grossesse est très souvent oublié et les futures mamans n’en entendent pas suffisamment parler avant de passer par cette étape. Il existe en effet beaucoup de questionnements autour de ce sujet.
Si les 3 trimestres de la grossesse sont bien connus et balisés et s’il est facile de trouver de nombreuses informations sur cette période, les informations que l’on reçoit sur ce 4ème trimestre se résument bien souvent à l’alimentation du tout-petit ou à la rééducation périnéale. Tout le reste est occulté.
Nous allons tenter de vous éclairer un peu plus sur ce sujet !
Le concept de « matrescence » ou « continuum »
Le terme de matrescence a été inventé en 1973 par Dana Raphael, une anthropologue américaine. Elle écrit dans un essai sur l’allaitement que “L’accouchement entraîne une série de changements spectaculaires sur l’état physique de la nouvelle mère, son état émotionnel, ses relations aux autres et même dans son identité de femme. Je distingue cette période de transition des autres, en l’appelant matrescence pour mettre en avant la mère et se concentrer sur son nouveau mode de vie“.
Jean Liedloff, autrice d’un essai publié en 1975 parle quant à elle du concept du continuum. Pour elle, dès la naissance, le contact physique mère-enfant doit être préservé jusqu’à ce que celui-ci puisse s’en détacher par lui-même, en toute confiance.
Cette période est un véritable séisme identitaire pour celle qui apprend à être mère en même temps qu’elle le devient. Cette période peut aussi laisser la maman désemparée, déboussolée par des réactions qu’elle ne contrôle pas.
On observe alors de nombreuses modifications dans le corps et l’esprit de la mère pendant cette période.
Le besoin de fusion avec son bébé
Il est souvent décrit un besoin de fusion intense entre la mère et l’enfant, l’envie de ne faire qu’un, lors des trois premiers mois de vie du bébé. Cela est quelquefois mal vécu par les mamans qui ne comprennent pas ce changement avec la femme, souvent indépendante, qu’elles étaient auparavant.
L’entourage peut également amplifier ce désarroi avec divers commentaires maladroits sur le maternage excessif de son enfant, ce qui en ferait un « enfant à bras », incapable d’indépendance en grandissant. Ces réflexions remettent en question les réflexes primaires qui entourent l’arrivée d’un enfant !
Le réflexe de « survie » du bébé
Le nouveau-né humain est le plus immature des bébés mammifères, il a un besoin physiologique d’être porté, touché, enveloppé. Depuis la nuit des temps, la survie et le développement du bébé humain dépendent des interactions avec les adultes qui l’entourent, et en particulier avec sa mère. Il est important de comprendre que l’enfant est programmé pour rechercher le contact, la chaleur, la nourriture, les interactions. Les pleurs constituent son moyen d’attirer la mère à son contact. C’est un atout à sa « survie » et la survie de notre espèce au fil des millénaires écoulés.
Pendant la grossesse, votre enfant était nourri, réchauffé, oxygéné par votre corps. Après la naissance, faire tout cela lui-même lui demande des efforts jusqu’alors inconnus. Le contact avec sa mère lui apporte la chaleur, la sécurité et le lait dont il a besoin. Il n’a donc aucune raison de vouloir rester dans son lit, loin de vous. C’est pour cela que très fréquemment, on entend les mamans dire que leur bébé ne veut dormir que dans leur bras.
Il faut voir ce dernier trimestre comme un trimestre façon kangourou, le prolongement physique de la fusion de la grossesse. Dès que votre bout’chou deviendra plus autonome, il quittera spontanément ce cocon rassurant. N’hésitez donc pas utiliser le cododo, le portage, le peau à peau afin de le rassurer. Ecoutez votre instinct, faites-vous confiance !
Du côté de la maman
Côté hormones
Chez maman, une production importante d’ocytocine (l’hormone de l’attachement) a lieu dans les premiers moments après la naissance. Sont également présentes dans le corps de la mère des endorphines et de la prolactine, à des taux très élevés. Ces 3 hormones sont notamment relarguées à chaque tétée. Bien sûr ces hormones facilitent ces comportements de maternage et d’attachement, mais ne les déterminent pas et il n’est pas forcément nécessaire d’avoir accouché pour en ressentir les effets. Il a été prouvé que les pères et même les parents adoptifs se mettaient à secréter ces hormones au contact de leur enfant.
Côté physique
Au niveau corporel, la régression des structures mises en place pendant la grossesse fait partie d’un cheminement vers un nouvel équilibre, et cela prend du temps ! L’utérus reprend petit à petit sa place. Pendant la grossesse il a multiplié sa taille par 40 et dans les premiers jours après l’accouchement il pèse encore près de 1 kilo. Ses ligaments de soutien se sont distendus, et le périnée n’a pas encore récupéré sa tonicité d’avant. Les abdominaux qui servent à la posture ont été étirés, et les grands droits (les tablettes de chocolat) se sont allongés de 15 cm. Vous avez également perdu en moyenne 7 à 8 kg qui correspondent à votre bébé, son placenta, son liquide amniotique et de l’œdème présents dans votre corps en fin de grossesse. L’accouchement est probablement le seul moment de votre vie où vous perdrez autant de poids en l’espace de quelques heures ! Il est donc important pour vous de passer du temps allongée pour votre corps récupère et s’habitue à toutes ces modifications.
De plus s’occuper d’un nouveau-né prend du temps et de l’énergie. N’hésitez pas à déléguer toutes les tâches qui ne sont pas indispensables. Mais il ne s’agit pas là non plus de laisser l’entièreté de cette responsabilité à votre partenaire. Lui aussi vit cette phase de chamboulement et lui aussi peut fatiguer. Pour le couple, c’est un grand bouleversement dans ses habitudes. Un nouvel équilibre familial s’installe à votre rythme.
Demandez de l’aide !
N’hésitez pas à vous entourer des membres de votre famille, d’amis voire faire appel à des soignants ou encore à une aide-ménagère (la CAF peut vous adresser une TISF – Technicienne de l’Intervention Sociale et Familiale). Dans de nombreuses cultures, les 40 jours post accouchement sont une période où la maman se voit complètement soulagée de ses obligations pour se concentrer sur sa récupération physique et la création du lien avec son bébé et il est prouvé que ces mères présentent moins de dépression du post-partum.
Comme le dit un proverbe africain : « Il faut tout un village pour élever un enfant ».
Cette période est précieuse : il s’agit aussi de devenir une mère et par cela changer de statut. Suivez vos envies et le rythme de votre bébé. Prenez du temps pour vous pour aider votre corps à reprendre des forces après cette épreuve. Oubliez le rythme social et profitez de ce « mois d’Or » pour vivre pleinement cette transformation, votre matrescence !
Pour en savoir plus sur le sujet :
- Jean Liedloff, « Le concept du continuum : à la recherche du bonheur perdu », 1975, Edition Ambre Eds.
Livres :
« Bien vivre le quatrième trimestre de la grossesse » par Ingrid Bayot (sage-femme et formatrice en périnatalité et allaitement), éditions Eres.
« Bien vivre le quatrième trimestre au naturel » par Julia Simon (Naturopathe), Editions First.
Podcast :
« La matrescence » par Clémentine Sarlat.
Article édité par Carole Hervé – Consultante en lactation IBCLC
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C’est peut-être l’un des moments les plus épuisants de la journée. Et pourtant, vous faites tout bien. Le problème, c’est que l’endormissement ne s’improvise pas, il s’apprivoise. 🌙
Le cerveau d’un bébé a besoin de signaux répétés pour comprendre que la nuit arrive. Pas de magie, pas de méthode miracle : juste de la régularité et de la douceur.
5 repères qui peuvent vraiment aider :
🌅 1. Respectez la fenêtre d’éveil
Chaque bébé a un seuil de fatigue au-delà duquel il devient difficile à apaiser. Repérez les premiers signes : frottements des yeux, regard dans le vide, agitation soudaine. C’est le bon moment : pas trop tôt, pas trop tard.
🔆 2. Baissez progressivement les stimulations
Lumière tamisée, voix plus douce, activités au ralenti… Le cerveau de votre bébé commence à préparer l’endormissement bien avant que vous ne le posiez dans son lit.
🔁 3. Répétez les mêmes gestes chaque soir
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FAQ
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L’idée que le contact physique mère-enfant doit être préservé dès la naissance jusqu’à ce que l’enfant puisse s’en détacher par lui-même, en toute confiance. Ce concept a été développé dans un essai publié en 1975.
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C’est une contraction des mots maternité et adolescence. Ce néologisme illustre bien l’ampleur du bouleversement identitaire vécu par la mère au cours de cette période de transition.



