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Ce que vivent vraiment les mères qui allaitent en France 

En résumé :  

  • 97 % des mères allaitent pour la santé de leur bébé, bien avant les raisons économiques (34 %) ou personnelles. L’allaitement est avant tout un acte altruiste.  
  • 92 % rencontrent au moins une difficulté : fatigue en tete, suivie des douleurs physiques (crevasses, engorgements) et d’un impact émotionnel sous-estimé (stress, baby blues).  
  • Seules 22 % allaitent la durée souhaitée. Fatigue, manque de lait et reprise du travail sont les trois causes principales d’arrêt, souvent subi et non choisi.  
  • 48 % des primipares réclament plus d’information avant la naissance. Les professionnels de santé restent la ressource n°1, mais les marques sont attendues sur l’accompagnement concret et les produits facilitateurs. 

Allaiter est une décision intime, mais elle se heurte souvent à une réalité bien plus complexe qu’il n’y paraît. En février 2025, Calmosine a mené une étude quantitative auprès de 150 mères françaises allaitantes ou ayant allaité un enfant de moins d’un an. Voici ce qu’elles nous ont confié ; chiffres à l’appui. 

Sommaire :

Table des matières

Pourquoi les mères choisissent d'allaiter

La décision d’allaiter est avant tout tournée vers le bébé. Une écrasante majorité de mères cite la santé de l’enfant comme motivation première — et ce résultat est sans appel.

97% allaitent pour la santé de leur bébé

58% en font leur raison n°1

75% pour créer un lien avec leur bébé

48% pour la praticité (lait toujours prêt)

Les raisons économiques arrivent en quatrième position (34 %), devant les bénéfices pour la santé de la mère elle-même (26 %) ou l’aide à la perte de poids post-partum (17 %). La pression sociale, elle, ne pèse que très peu : à peine 5 % des mères la mentionnent, et aucune n’en fait sa raison principale. 

💡Insight clé : L’allaitement est une démarche profondément altruiste. Les mères l’envisagent d’abord comme un acte de soin envers leur enfant, bien avant de considérer leurs propres bénéfices. Les discours qui valorisent uniquement le bien-être maternel passent à côté de cette réalité. 

Des difficultés quasi universelles

Malgré leurs motivations solides, la très grande majorité des mères se heurtent à des obstacles concrets. 92 % des mères allaitantes déclarent avoir rencontré au moins une difficulté — un chiffre qui mérite d’être dit clairement. 

Difficultés rentrées lors de l'allaitement

La fatigue est de loin la difficulté la plus répandue. Elle touche les mères quelle que soit l’ancienneté de l’allaitement et quel que soit le rang de l’enfant. Les douleurs physiques — crevasses, engorgements, mastites — viennent en second, rappelant que l’allaitement engage le corps de manière intense et souvent douloureuse. 

Un impact émotionnel sous-estimé

Au-delà du physique, l’allaitement a une dimension psychologique forte : stress (33 %), baby blues (25 %)… Ces données invitent à sortir d’une vision purement physiologique de l’allaitement pour reconnaître la charge mentale qu’il représente. 

Où les mères cherchent-elles de l'aide ?

Face aux difficultés, les mères ne restent pas isolées. Elles mobilisent un réseau de ressources — avec une forte prédominance des professionnels de santé. 

Sources d'information consultées allaitement

Le pédiatre et la sage-femme restent les références incontournables. Mais l’entourage joue également un rôle crucial — presque quatre mères sur dix y font appel. Les médias numériques (sites, applis, réseaux sociaux) représentent un espace d’information complémentaire, particulièrement chez les primipares. 

Pourquoi les mères arrêtent d'allaiter ?

L’arrêt de l’allaitement est rarement un choix serein. Il est le plus souvent contraint par des facteurs physiques ou pratiques — et rarement une décision libre et apaisée. 

46% manque de lait / baisse de lactation

44% fatigue ou épuisement

32% difficultés du bébé à prendre le sein

29% douleurs / inconforts physiques

23% reprise du travail

22% ont allaité la durée souhaitée

Seulement 22 % des mères déclarent avoir allaité la durée qu’elles souhaitaient. Pour les autres, l’arrêt est une capitulation devant des obstacles non surmontés. La reprise du travail (23 %) représente également une contrainte structurelle majeure que les politiques publiques et les employeurs peinent encore à prendre en compte. 

Ce que révèle la raison principale d'arrêt

Quand on demande aux mères quelle a été leur raison principale d’arrêt, la fatigue arrive en tête (17 %), suivie de près par le manque de lait (17 %) et les difficultés du bébé à prendre le sein (15 %). Ces trois facteurs à eux seuls concentrent près de la moitié des arrêts — et sont potentiellement adressables avec le bon accompagnement. 

Allaiter en public : toujours un défi

L’allaitement dans l’espace public reste une source d’inconfort pour une grande partie des mères. Si la loi garantit le droit d’allaiter partout, la réalité vécue est bien différente. 

46% ressentent une gêne personnelle

44% dénonent le manque d’espaces adaptés

32% redoutent les regards et commentaires

30% n’éprouvent aucune difficulté

Seule une mère sur trois allaite en public sans difficulté. Les deux autres tiers composent, évitent, s’adaptent. La gêne personnelle (pudeur) et le manque infrastructurel (espaces adaptés) sont les deux freins principaux — l’un intime, l’autre social et politique. 

Les besoins sont claires :  

« Des endroits plus « allaitement friendly« , restaurants, bars… avec une pancarte. Des bancs. »  

« Faire des espaces où les mamans pourront allaiter sans se soucier du regard des autres et où elles pourraient discuter entre elles pour maintenir le lien social. » 

Ce dont les mères ont besoin

L’étude s’est terminée sur une question ouverte sur les attentes. Les réponses dessinent un tableau clair des priorités — et des responsabilités partagées entre société, institutions et marques. 

Ce qui pourrait aider les mères à mieux vivre leur allaitement

Un besoin d'information accru pour les primipares

Un résultat particulièrement frappant : 48 % des mères primipares (premier enfant) réclament davantage d’informations et de conseils pratiques sur l’allaitement. Face à 28 % chez les multipares, cet écart souligne à quel point la préparation et l’éducation à l’allaitement restent insuffisantes avant la naissance. 

Le rôle des marques : attendu, mais mesuré

Plus d’une mère sur cinq (22 %) souhaiterait un engagement plus fort des marques — campagnes de sensibilisation, innovations produit, services dédiés. Et 18 % attendent concrètement des produits facilitant l’allaitement : tisanes, compléments alimentaires, accessoires, soins. C’est un signal fort pour les acteurs du secteur. 

🤝Ce que cette étude nous dit : Les mères ne demandent pas à être prises en charge — elles demandent à être entendues, soutenues et équipées. Espace public, entreprises, professionnels de santé et marques ont chacun un rôle à jouer dans cette équation. 

Ce que cette étude change

L’allaitement en France n’est pas une question de volonté. Les mères qui allaitent, ou souhaitent allaiter, font face à un ensemble de défis physiques, émotionnels, pratiques et sociaux que les chiffres de cette étude rendent enfin visibles. 

97 % des mères choisissent d’allaiter pour le bien de leur bébé. 92 % rencontrent des difficultés en chemin. 22 % seulement allaitent la durée qu’elles avaient souhaitée. L’écart entre l’intention et la réalité vécue appelle une réponse collective, et urgente. 

Ces données sont une invitation à agir : mieux informer avant la naissance, mieux accompagner pendant, et créer autour des mères un environnement : physique, professionnel, culture, qui leur permette de vivre l’allaitement sereinement. 

Méthodologie 
Étude quantitative en ligne par questionnaire auto-administré, réalisée par Xerfi pour Calmosine. Terrain du 14 au 24 février 2025 en France métropolitaine. Échantillon de 150 mères avec un enfant de 0 à 11 mois, allaitant leur bébé ou l’ayant allaité. Représentativité assurée par redressement par pondération sur les critères CSP du foyer, nombre d’enfants et région. Étude dirigée par Franck Drapeau (Xerfi). 

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FAQ

Quelles sont les principales difficultés rencontrées pendant l'allaitement ?

D’après l’étude Calmosine/Xerfi de février 2025, 92 % des mères déclarent au moins une difficulté. La fatigue arrive largement en tête, suivie des douleurs physiques (crevasses, engorgements, mastites) et de l’impact psychologique : 33 % des mères rapportent du stress et 25 % un baby blues lié à l’allaitement. 

Pourquoi les mères arrêtent-elles d'allaiter avant la durée souhaitée ?

Seules 22 % des mères allaitent aussi longtemps qu’elles le voulaient. Les trois raisons principales d’arrêt sont la fatigue (17 %), le manque de lait réel ou perçu (17 %) et les difficultés du bébé à prendre le sein (15 %). La reprise du travail (23 %) constitue également une contrainte structurelle majeure. 

Quels professionnels consulter en cas de difficulté d'allaitement ?

Le pédiatre et la sage-femme sont les deux ressources les plus sollicitées par les mères françaises. Près de quatre mères sur dix font aussi appel à leur entourage. Les ressources numériques (sites spécialisés, applications, réseaux sociaux) jouent un rpole complémentaire, surtout chez les primipares. 

L'allaitement en public est-il encore un frein pour les mères ?

Oui. Seule une mère sur trois allaite en public sans difficulté. Les deux tiers restants évitent ou s’adaptent, freinées par la pudeur personnelle et le manque d’espaces adaptés. Les mères expriment un besoin clair de lieux « allaitement friendly » avec une signalétique visible. 

Quel rôle les marques peuvent-elles jouer dans l'accompagnement de l'allaitement ?

22 % des mères souhaitent un engagement plus fort des marques via des campagnes de sensibilisation, des innovations produit et des services dédiés. 18 % attendent des produits facilitant concrètement l’allaitement : tisanes, compléments alimentaires, accessoires de confort et soins adaptés.